
Paul Facchetti est avant tout connu pour avoir défendu dans la décennie de l'après-guerre le courant de l'abstraction lyrique et contribué à révéler en Europe, avec Jackson Pollock, la peinture américaine alors en plein essor. A Paris, le studio qu'il ouvre en 1951, rive gauche, au 17, rue de Lille, dans le quartier de Saint-Germaindes-Prés, est né sous le double auspice de la peinture et de la photographie. Tout d'abord studio photographique, la galerie d'art en a gardé l'esprit de laboratoire. Le terme de "studio" n'est pas sans évoquer la recherche et l'expérimentation auxquelles Paul Facchetti est toujours resté attaché, alors que celui de "galerie", plus traditionnel, appelle l'idée de collection, collection qu'il n'a jamais par ailleurs cherché pour lui-même à constituer.
Né à Brescia en 1912, d'un père artiste peintre qui enseignait à l'académie Brera de Milan, Paul Facchetti reçoit pour ses douze ans un appareil West Pocket Kodak avec lequel il découvre les premiers plaisirs du cadrage. Mais c'est à Paris que le photographe William Harris éveille à vingt-quatre ans sa vocation. Au milieu des années trente, il ouvre avec son père le studio photographique de la rue Saint-Jacques, et s'engage dans la photographie de mode.